05 avril, 2012

Chasse. En te débusquant

"Somebody threw a dead dog after him down the ravine."


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            En te débusquant, j’ai trouvé bruit – fit musique, plate et vibratoire comme un corps où une sève sue et se tire la main jusqu’à l’or brute. Puis j’ai crispé la voix.

            J’ai crispé la voix et étendu après longtemps sec, par traits, le crache sans odeur sur le parquet, la vase d’où j’ai tiré l’animal de la débusque, la vase et la torsion, juste après.

            Le parquet était marqué de crocs. Et j’ai tiré l’animal, voyant la bouche des pierres, j’ai parlé à leurs oreilles, il y eut crac puis un sème sans locution.

            Serait-ce un trou : j’ai tombé fond. Sans-poil les racines mortes juste-là et la paroi taupe où j’ai cheminé et enterré l’or et ce fut tout, sans poil j’ai vu bête non.

            Morte aux verrous et infime. Les verrous sur la voix et la langue aqueuse et courir après ma conjugaison, j’ai eu des vocabulaires et enfin l’informe.

            Spasme aux lexiques car je parle et plante bêtes et parle peaux et espèces et fleurs et je parle et l’enclos où danse l’eau parle et je qui filtre la magie découpe l’eau, cette fleur.

            Magie jusqu’au cervelet car l’organe subit maux, déjà bien rouillé de mots trop mots en trop et la rue m’effrite mais s’il te plaît ne dis rien j’ai déjà avalé trop d’air et de.
           
                                                                                                                            
                                                                                                                                            […]

30 mars, 2012

Bordeaux : les yeux (1)



Dans le cadre d'un projet casse-gueule, j'ai sillonné Bordeaux comme une boîte à images et j'ai fais des souvenirs de la pierre. Peut-être qu'un jour (l'hiver aussi m'avait enlevé du souffle) - je reprendrais ce projet de poésie et d'architecture minime. Je mets ici quelques photos pour vous faire goûter le soleil et les yeux de Bordeaux (qui pullulent). Je vous épargne les légendes et noms des rues.











20 mars, 2012


pour Von Uexkull et les singes hors,




Au noir je me suis accroché et ça a duré un certain temps, ni court, ni long. Seulement sans mémoire et défilé d’images. Je me suis coupé de l’idée même de temps : j’étais en veille, en suspension, une seconde, dix ans, je me suis éteinte car je devais attendre et le noir ronfle. J'ai fais le noir. Alors quelque chose est passée qui m’a rallumé, tout près de moi et je me suis donc décroché. C’était une jungle brune inconnue qui sentait l’urine. J’ai sauté du haut des arbres (desquels je ne voyais rien) et je suis descendu doucement jusqu’au sable. J’ai plongé ma tête dedans. Je me suis rempli de sang, j’ai grossi et je meurs, d’une ligne très droite. Ça n’a pas pu recommencer.  



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ne pas oublier le râteau pour les mygales oubliées et fâchées



17 mars, 2012

Thessalonique - 9.7.10






 


qu'est-ce que tu fais
je regarde




Croquer pour le neuf d'août 2010 la gare de Thessalonique sans cigales sauf coincées entre les briques et guetter le train dans la poussière.



(photos M. et textes tirés d'un carnet d'écolier corné)