Affichage des articles dont le libellé est à perte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est à perte. Afficher tous les articles

05 décembre, 2012


= si je dis je c'est qui je. c'est qui ce mec ce con. il habite dessus et là, ici. ici j'habite on dit mais où. je n'a pas de souffle. je n'est pas un souffle. je est un endroit où on demande qui. quelque chose comme ça à peu près. je ne sais pas.

(notes creuses novembre)

16 novembre, 2012

Jean-Marie Gleize, A noir.


(A propos de la poésie.)


« [...] il y a crise, il y a rupture, oui. Mais cette rupture est inévitable, est nécessaire. Mais cette crise est la poésie elle-même. C'était, on se souvient, le point de vue de Ponge, qu'il n'a jamais cessé d'affirmé malgré l'inconfort que cela suppose. On voit Francis Ponge, dès les Proèmes, élaborer une théorie de l'activité poétique comme « résistance » « résister aux paroles ». Cela signifie d'abord pour lui (avant toute autre considération plus technique) lutter contre les paroles toutes faites, les automatismes, les stéréotypes, l'idéo-logie qui me traverse et m'imprègne, m'interdit l'accès à moi-même, s'interpose, comme système d'images déformantes, entre moi et le monde, etc. Ce que Ponge appelle « poésie », c'est donc en tout premier lieu une pratique de rupture avec la langue admise, dominante, l'inévitable prise en compte du fait que la langue n'est pas seulement un système abstrait de règles, ou un ensemble concret de formes et de substances qui peut donner à jouir, mais avant tout, en chaque sujet parlant, la langue du pouvoir, des pouvoirs, donnée et imposée, contre quoi la poésie travaille. Chez Ponge, sous la volonté affichée de faire simple et direct, il y a cette représentation de la pratique poétique comme délibérément subversive, « anarchique »en ce qu'elle conteste radicalement l'« ordre des choses », et l'ordre des discours. Terroriste par définition.»


Jean-Marie Gleize, A noir / Poésie et littéralité, 1992, Seuil / Essais, page 143.


28 septembre, 2012

Dix sept heure treize.


     Dix sept heure treize. Il n'a pas vraiment plu aujourd'hui ou ce matin, mais à sept heure du matin rien.

     Les gens attendent devant un camion friandise publicitaire que la marque leur distribue des céréales gratuites dans des paquets de 15 grammes.

     Des jeunes pas majeurs et aussi des adultes. Tous plus ou moins beaux. Ils attendent sans bruit et il y a des sourires dans le camion friandise publicitaire. On distribue vite. Autant de filles que de garçons, c'est intéressant ça.

     Les gens sont contents surtout la maman qui dit à sa fille de remercier la demoiselle car celle-ci, en plus du flyer coloré, donne un paquet de céréale gratuit de 15 grammes.

     Il y a des fruits dans les céréales, c'est pour ça la couleur.

     Dis merci à la demoiselle ma chérie, c'est très gentil.

     Autour c'est très normal, le décor est normal. Le soleil tombe presque et les gens marchent vite car le tram ne fonctionne plus. Il y a un tas de monde dans la rue mais ce n'est pas une manifestation non plus. Normal est un mot dans lequel il y a des choses gratuites divisées en petits sachets de 15 grammes.

11 avril, 2012

Rature seconde : 6 m3.

      

     J'ai écris des pages et des pages pour un certain professeur (puis après rencontre sans communication, très naturelle, dans son 6 m3), onze pages (plus précisément) qui s'acharnent sur quinze petits vers de rien du tout publié en 1953. C'est épuisant et c'est beaucoup d'énergie à vouloir rendre science ce qui n'est qu'art (ou poésie), c'est-à-dire, rien de vraiment mesurable. Et on doit surtout pas poser cette question, d'ailleurs. Donc : onze pages du pire scribe, indigestes et sales - qui traduit les lignes d'un bonhomme à qui on a juste envie de serrer la pince, qu'on a juste envie de voir marcher (pour constater qu'il ne se passe rien), ou d'échanger des lettres (bien que ceci, nous pouvons le faire avec les fantômes sans demander). Après avoir perdu mon temps à objectiver les vers en retours à la ligne, je vais faire, ci-dessous, une petite soupette rien qu'à moi (enfin, après une semaine) : dedans, je peux crachouiller et bégayer autant que je veux. 







[ Photo par inconnu représentant le spécimen  tyto alba ou hibou des forêts ou effraie ou hibou en 15 vers 
ou, ou, ou, ou, ou, ou, à modulations variables.]




Comme je l'ai déjà dit, je ne sais où, la source est d'une importance relative. Ce nouveau poème sériel s'intitule six mètres carrés, il est dédié à J. (ou ph.J) - masculin cette fois.



(le discours)


     dans la nuit, c'est piaf qui dit que tu vas mourir
     la crève entre par la sonette, c'est pas pour rire :
     l'os -.

     il jaccotte, cocotte, bruite, tout ce qui fait
     oiseau jusqu'à atterrir polysém- cf.vers 6
     dans la glue,       u,     sémant-ique.

     l'homme dans les bois mémentomorise
     quand il dit enfers, ce n'est pas pour la
     rigole, c'est pour de vrai ou pire, 
     pour l'antiquise.

     merde

     dans le 6 mètres carrés
     (où j'ai plongé comme on plonge, 
     dauphin, dans un bain d'iode pure)
     j'ai oublié l'érotise et la 
     dandine de la voix (dire vite comme "l'abeille coule". Il ne se passe rien)

     merde
     pas des blagues
     quand il dit enfers, le piaf, entre la peau et l'os,
     c'est pas pour la blague,
     ce poème oui.




(du nouveau en bouche, un)



     j'ai trouvé
     sous la couche du lit
     des vers muets




(du nouveau en bouche, deux)



     sous couette
     comme roche
     un parterre de guèpes,
     elles ne tournoient plus
     (la mer jusque là.)




(du nouveau en bouche, trois)



     l'aurore 
     montre
     ses dents
     




09 mars, 2012

8h46

"Il est grand temps que la pensée redevienne ce qu'elle est en réalité : dangereuse pour le penseur et transformatrice du réel. Là où je crée je suis vrai, écrivait Rilke. Les uns pensent, dit-on, les autres agissent, mais la vraie condition de l'homme, c'est de penser avec ses mains. Je ne dirais pas de mal de nos outils mais je les voudrais utilisables, s'il est vrai, en général, que le danger n'est pas dans nos outils mais bien dans la faiblesse de nos mains. Il n’est pas moins urgent de préciser qu’une pensée qui s’abandonne au rythme de ses mécaniques, proprement, se prolétarise et qu’une telle pensée ne vit plus de sa création."









Denis de Rougement, extrait transcrit depuis Le contrôle de l'univers, 98, dans Histoire(s) du cinéma, J-L.Godard.

05 janvier, 2012


Pratiquer l'insomnie, c'est résoudre des narrations inachevées dans le noir, la peau qui ne se détend pas, faire des labyrinthe de soi, écrire des phrases imaginaires équilibrées bancales le matin, mais rien pour conjurer le problème de la journée blanche qui va suivre. Ce grand bricolage de minutes.

Heureusement dehors, sous le vent, j'arrive à voir des choses immobiles qui me rassurent :



                                             Sur le parvis
                                             une touffe d'herbes

                                             un asile
                                             entre deux pavés.


(Isabelle Garron, Face devant contre)

28 décembre, 2011






En rade sèche : devant une langue sans voix à expliquer, un amas de fleurs mélangées, tunnel trop long et sans force, sans rien.

24 novembre, 2011










Beograd, 2010, ? - (au milieu des néo-classiques à la française, ça, un flic regarde sévère les photos, je comprends pas ça là, quelque chose d'incompréhensible).


et des tonnes de discours (photos, mémoires, notes écrites, échanges) qui coopèrent dans la tête pour reconstruire l'été 2010 -. (Peut-être voir ce que nous allons en faire.)


(crédit photos : M.a.)

12 octobre, 2011

121011

Hasard ou réponse, quoi qu'il en soit, j'ai écris ça sur un morceau de papier perdu, posté sur un des bancs de la cafétéria de l'Université. Après coup, cette attention aux invisibles (pour parler comme Vollmann), j'en ai peut-être pris de la graine dans ce texte, très poétique, de Quentin L. ; pour les Ateliers Montaigne - à apprécier. Le texte de Quentin est sur le lien qui suit, mon texte est juste en dessous. A nous peut-être, à perte, de parler d'eux, de les réintroduire un peu dans la langue et dans le monde.


http://carnetsmontaigne.wordpress.com/2011/10/06/une-histoire-de-peur-par-quentin-leric/


***


(à Simah et tous les autres humains invisibles)



    C'est déformé que le bonhomme parcourt le monde qui l'entoure : il voit mal, ces pas sont malades, il peut tomber d'un seul coup, un de ces bras se tord tout seul, l'autre regarde ailleurs. Sur le muret, je suis assis, je croise les jambes, je le regarde, lui et l'asphalte. Il mange, il est comme immobile, il ne regarde nulle part. Il ne semble pas souffrir non plus, comme s'il s'en moquait maintenant. Les poils de sa barbe sont disgracieux, ces lunettes lui tombent sur le nez. Il quitte la sandwicherie où tout le monde l'ignore, je cache mes yeux et mon cœur  et à son passage, le regarde fort. Sur le muret, assis, mes yeux brument alors que je sais que c'est très bête et qu'il s'en moque, du plus fort qu'il peut. Je suis froid. Il s'en va je ne sais où gauchement.






17 septembre, 2011

coup de pied au derche




Vollmann, Vollmann, ça m'dit un truc.

Solde au vert encore, j'achète le bouquin perdu dans le rayon généralités sociologique d'une librairie, las des belles-lettres.

l'amerloque n'est pas à son premier essai - que j'découvre, et on en mangerait bien plus souvent, enfin : celui-ci c'est Poor people ou Pourquoi êtes-vous pauvres ?


du coup, lecture excitante, enquête-raisonnement à l'américaine (le bon côté disons : dynamique, en questionnement, instable), autocritique, fin, globalisation nulle, photos merveilleuses, belles trognes désespérées avec qui on veut pleurer ou sourire, question simple : pourquoi êtes-vous pauvres ? - je conseille absolument (encore une traduction de Claro, hyperactif de la translation) - juste pour l'immense coup de pied au cul aux discours millefeuilles d'organisations débiloss' - là c'est simple et c'est presque du réel, disons.


Et si 10 euros c'est trop cher, je le prête, allez -



25 août, 2011

bien que

l'aurait pu s'appeler autrement st'endroit, comme par exempl, Blocs, séries, intensités, ou, Œdipe trop gros (ça c'est assez drôôle), ché pas (j'ai ça sous les zyeutes), qu'esse que ça aurait changé au fond excepté trois mots ou plutôt le chemin dans lequel j'me traîne pas décidé, à plaquer du lexique, coûte que coûte sur les trucs qui passent tout dessous ; que je mets dans les mains, que ça m'chie dedans, qu'ça repart, vide de sens donc tout rien tout vide tout bleu donc dirais-je alors ; et qu'je r'commence encore encore voyez donc - à dériver sur le sable toute cette histoire, à dériver sur le sable regarder loin la mer (l'étendu immense là-bas loin, bidule bleu encore, en remuant les brââs) toujours (j'espère) - sprendr' les pieds quelque part - spash ! et r'partir sourire