01 mars, 2012

Se faire les poches.

Pour cartographier le quotidien, il a fallu commencer par le plus bête : de la rue bagdad-cruchinet à crevasses et carrelage salle de bain jusqu'à la machine à café très rapide qui filtre mal. On m'a fait les poches. Voici un texte sur mes poches (ce que je vous recommande de faire).



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Théoriquement, je dirais d’abord : tout noir dedans, une grande paupière ouverte en biais, un ramassis d’objets : c’est une boîte plus ou moins utile et plus ou moins trouée.

Pratique, à l’instant t donc, c’est plutôt une découverte du soir ou du petit-matin, proche de l’extinction. En plus des grumeaux de mouchoirs oubliés au précédent lavage (les petites étoiles blanches qui tombent – ne filent pas - sur le tapis), je trouve les idioties de la journée : le trousseau de clés qui danse et que je balance dans un coin (le lendemain, je râle sans cerveau), un bout de papier quelconque sur lequel sont écrits trois mots salement manuscrits (plume personnelle), un bouchon de liège (qu’est-ce que ça fait là déjà ?), des pièces un peu terreuses de 2 et 5 centimes et comme très souvent mon fidèle téléphone rouge. Parfois, assez maladivement, je ne remplis qu’une seule poche. C’est le cas maintenant.

Tous ces morceaux de jour se mélangent dans une sorte de nuit. Au fond, il y a comme une couche de miettes de pain, un tas de choses égarées, je dirais même plus, des résidus de choses égarées. Je n’y touche pas sauf lorsque j’attends, agacé, un coup de pied dans le réel, les après-midis de soleil haut et de genoux mous. Alors je gratte et cherche patiemment quelque chose. Je lève le nez. J’ai du sable sous les ongles puis je marche à nouveau, plus sûr, les mains au chaud.

Seules les poches de devant me sont d’usage. Mes poches arrières ne recèlent habituellement rien, excepté lorsque pour une raison ou une autre, celles de devant saturent, remplies de babioles et de bêtises. Ça déborde. Dans ce cas, je passe souvent une mauvaise journée. Comme avec trop de cailloux dans les poches.

28 février, 2012

pour Antoine (parce que je suis un guignol),


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- Vous êtes munichois, affirma Weissmann. Etes-vous jamais passé dans le quartier de Schwabing ?
- A l'occasion.
- Et au cabaret Brennessel ?
- Jamais.
- Et D'Annunzio, ce nom vous dit-il quelque chose ?
Puis :
- Mussolini ? Fiume ? Italia irredenta ? Fascisti ? Parti national-socialiste du travailleur allemand ?... Adolf Hitler ? Les Indépendants de Kautsky ?
- Que des majuscules ! protesta Mondaugen.
- Un Munichois qui ne connaît même pas Hitler ! s'écria Weissmann, comme si Hitler avait été le titre d'une pièce d'avant garde. Qu'ont-ils donc, les jeunes gens, de nos jours ?
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(Thomas Pynchon, V.)

27 février, 2012

à Jean, Adrien et Gouzigue qui commence à faire renâcler fort les côteaux de Saint-Cricq, il macère dans le vin


et c'est cousin gouzigue qu'a dit à gouzigue et qu'est-ce c'est ça oh enculé, c'était jussaprès le match, tu te fous de ma gueule ça tu le sais ça oui et il s'en est pris une grande dans le museau et oui que je te dis c'est gouzigue qui m'a raconté c'est le voisin (et lui d'ailleurs aussi ce gros con là il s'est pris un chargeon à la troisième qu'à peine il tenait debout qu'il s'était pissé dessus nâtre sous la table sans faire le malin putain oui il reniflait le matin ça oui tu le sais qu'il a dit quoi mais oui le voisin, celui avé-le chien qu'arrête pas de gueuler oh sacré con de clebs un beau coup de pied au cul et ça va couiner dans les fourrés la queue dans les jambes oui [...]

23 février, 2012

aux années d'avant spice-girls


A eux six, les Beach Boys faisaient sûrement un mec très potable.