10 décembre, 2011

neuf / poésie / fin

Suite et fin de Punctums et déclinants comme un mauvais chocolat de décembre dans la plaque en carton, reste plus que quinze jours, et tout le tralala au champagne gras. Des embrassades. Je signale : cette section, c'est du toucher et des couleurs et des grincements.




3



estampes au
ciel toile
couleur debussy





s'agite
des pas
sur le sec






lampadaire lunaire
éclaire le
bas coté






on peut
toucher du doigt et
 manger les nuages


vent qui rompt
les troncs, emmêle
les arbres







le vieil
enclos
sans loquet








les
feuilles
frottent








tuiles qui
ruminent
mousseuses

06 décembre, 2011

the royal family

Après Wendy and Lucy, on pourrait palabrer des heures sur cette Amérique de la marge, du fossé, de sa crasse, de sa normalité explosante.


Je signale The Royal Family de William T. Vollmann, traduit en français par Claro (encore) - nouvel brique dans le singulier édifice du grand roman américain.

Ce sont des explosions.

Traîner à trente à l'heure sur Masson Street, lire la Bible, fumer du crack, réfléchir du bien du mal du tapinage, se tatouer Caïn sur le corps, ne pas enterrer les conquêtes pour que ça rumine tout le long du voyage vers la mort. Et la lecture comme dans un train de marchandise - crever de chaud sous le wagon. 

Blabla.
Puis on tombe amoureux du Tenderloin et des brettelles californiennes. 











Pas grand chose à dire après avoir lu très vite la fresque illuminée, odeur de merde à la bouche. Boire tout (1300 pages) d'un long trait , nausée. 

  


277

La route était un étrange tronçon pâle alors qu'il la conduisait à sa perdition, avec pour seule réalité la double ligne jaune au milieu, et les panneaux de signalisation en forme de losange avec leurs flèches ondulées qui le mettaient en garde contre les virages et les arbres pâles. Elle tripotait sa ceinture de sécurité et essayait de battre des coudes. - C'est exact, dit-il sans jamais quitter la route des yeux. C'est exact. - Des estafilades de gravier retenaient son regard comme quelque chose de collant, et la route n'était qu'obscurité disparaissant dans un défilé de monotonie. La voiture cahotait sur l'asphalte scarifié de lune, couleur de rêves fanés, la nuit brûlante et souillée -"


(page 747 de l'édition française)
(crédit photos : Sean Desmond) 

29 novembre, 2011

w&l, 2008

Comme des morceaux de rien à la caméra, sans rien à attraper, seulement l’infinité du moment qui devient l'évènement à bâtir. Il n'y a rien du tout, c'est comme c'est. La débrouille : voiture décolle pas, pas de chez soi, presque seul voyages pouce en l'air sueur collée à nous dans les yeux tout du long et ce calme autour du corps intrus, pas une tune pour avoir l'air de s'en foutre. Les mains sur les genoux du short pas si sale. Pas comprendre que rien ne bouge autour. Traîner les pattes et les petits riens basculent dans l'extraordinaire - il n'y a plus qu'à regarder comme une fin les oiseaux sur les poteaux électriques, les oiseaux qui jouent dans le ciel flou. - Un ravissement les jours d'après devant les objets survolés, parfume encore le réel.




à propos de Wendy and Lucy de Kelly Reichardt, 2008.

27 novembre, 2011

"neuf" / poésie / suite

    Deuxième séquence de la section Punctums et déclinants (voir libéllées vers -). A la fin, je rassemblerai tout.




2




graviers collés
sous les pieds





la basse cour noire aboie
excitant les enfants
;
l’épouvantail prend feu






champs terre
étendues sans ;
-
puits parsemé
d’orties







nuit partout
sauf gibet

les morts
tous allumés
:

cris
hommes bêtes
marche







au centre
le père empaillé
découvre l’enfant
rage aux dents
loup






couvrir de sable le fétiche
lancer des pierres
grimper sur le dos du
crépuscule








perdre les voyelles au coin
de la bouche elles tombent
:
sans âge sans bruit
animal seul ne se consume







hors sillons
enfants mauvaises herbes
intiment les
marges
,
les épellent




 

bêtes minimes amochées
sans
sexe
dansent sur la corde
:

bégaiements
langue sans
os




arbre en décompose

brut
chuchote parole
non apprivoisée